Impression, Soleil Levant (le Japon, tome 2)

J’ai de la couture finie (ouiiiii) mais seulement depuis hier, et je n’ai pas le temps de la prendre en photo, parce que je suis en vacances. Ouaip, je fais partie des gens qui sont mille fois plus débordés sur leur « temps libre » que quand ils bossent… Donc en attendant, je te propose la suite des Aventures de Marjo l’Exploratrice au Pays des Pokémon.Reprenons.

48 Japon - sabali blog

5/ TRADITION ET MODERNITE

« Bonjour, je voudrais visiter deux kilos de temples ! »

« Il y en a un petit plus, je vous le mets quand même ? »

Le Japon est un pays d’un merveilleux mysticisme. Temples et sanctuaires, bouddhistes ou shintoïstes, sont absolument partout. Le premier soir, nous sommes arrivés à Tokyo, à l’appartement que nous louions dans le quartier d’Asakusa ; et à environ trente secondes de marche, il y avait le Senso-ji, c’est-à-dire ça :

02 Japon - sabali blog

Et je peux t’assurer qu’en pleine nuit, illuminé et quasi-désert, quand tu mets les pieds dans cette ville pour la première fois et que tu vois ça, il y a de quoi tomber amoureuse à tout jamais de Tokyo.

06 Japon - sabali blog

Nous avons visité un paquet de temples. Pas forcément l’intérieur qui n’était pas toujours accessible. Kyoto évidemment était LA ville pour cela, mais je me souviens que même dans Osaka, une ville pourtant très moderne et assez folle, on passait parfois devant un petit sanctuaire reculé, entre deux buildings suréclairés. Avec évidemment toute la superstition qui va avec : il y a mille petites traditions pour faire des vœux. A Kyoto, au Kiyomizu-dera (merveilleux endroit qui déborde de magie), j’ai marché sans ouvrir les yeux entre deux pierres, ce qui me garantit de la chance en amour. J’ai également laissé un vœu manuscrit sur une petite plaquette en bois, que j’ai attachée avec les vœux des autres passants. Si avec TOUT CA, je n’ai pas Joseph Gordon-Lewitt et/ou James McAvoy et/ou Jared Leto et/ou Alexandre Astier (ben quoi) pour venir me chanter la sérénade sous le balcon dans la quinzaine, ce serait à se les mordre.

14 Japon - sabali blog

21 Japon - sabali blog

Blague à part, j’ai le souvenir d’avoir ressenti de façon très forte cette sensation mystique qui enveloppe certains de ces endroits. C’est comme une sorte de vibration zen qui se dégagerait de la terre et t’envelopperait comme une onde. Tu sais, comme ça peut arriver certains jours, de se sentir un peu ronchonchon, même quand on a la chance d’être en voyage dans un des plus beaux endroits de la Terre ? Tu n’as pas bien dormi (trop de jetlag), tu n’as pas bien digéré (trop de riz), tu te sens aussi sociable qu’un oursin… et tu entres dans cet endroit, et d’un seul coup, tout cela tombe. Le zen t’envahit. Tout est si beau et si calme, que tu ne peux que te moquer de ta propre ronchonnerie. Si je vivais au Japon, j’irais bouquiner près d’un temple, à l’ombre des érables, tous les dimanches.

39 Japon - sabali blog

Comme le Japon est un pays de contraste, en rentrant d’une petite balade à Kyoto, tu vas manger dans Osaka et ça ressemble à ça :

46 Japon - sabali blog

J’ai vu peu d’Osaka, surtout le quartier très animé de Dotonbori, mais j’ai adoré mes quelques impressions de cette ville. J’ai trouvé que les looks de certains jeunes Japonais étaient encore plus fous qu’à Tokyo. Et j’ai dû photographier toutes les enseignes de cette rue tellement elles étaient improbables.

28 Japon - sabali blog

27 Japon - sabali blog

D’ailleurs, photographier les panneaux ou les enseignes fut l’une de mes activités préférées. Difficile de comprendre ce qu’elles voulaient dire, mais le plus marrant, c’est encore d’imaginer :

20 Japon - sabali blog

Attention, fermeture à 29h ?

07 Japon - sabali blog

Attention, pigeon farceur ?

01 Japon - sabali blog

Attention, fumer produit des petits nuages très féminins avec des noeuds roses dans les « cheveux » ? (wtf complet)

C’est aussi à Osaka qu’Aurore et moi avons sacrifié à deux rituels 100% japonais et incontournables : le photomaton chelou et le karaoké.

Comment te dire que les photos issues de ce Photomaton ne pourront jamais illustrer mon passeport ?

29 Japon - sabali blog

Je te laisse imaginer deux adolescentes attardées de 34 ans, en train s’ajouter des yeux de Bambi et des petites étoiles dans les cheveux en pleurant de rire. Nous avons bien passé une heure pour ce résultat. Il faut dire que Laurie n’était pas avec nous à ce moment-là, et qu’il nous a fallu un bon moment pour comprendre le fonctionnement de la cabine. Mais quel énorme moment de drôlerie que de se transformer en manga vivant.

31 Japon - sabali blog

Quant au karaoké… Pas de photo (ni de vidéo) d’illustration ici. Nous y sommes allées à trois, Aurore, Laurie et moi. On y a passé pas loin de cinq heures à beugler comme des vaches qui regardent passer les trains. Ce n’est pas le karaoké devant tout le monde, comme dans les restaurants chinois d’ici. Non, c’est une cabine privative que tu loues, tu te fais servir une bière (voire plusieurs – surtout plusieurs, en fait) et puis tu te prends pour Mariah Carey (ou Stevie Wonder, selon tes affinités musicales). Je ne vais pas te mentir, il existe quelques vidéos dossiers que personne ne verra jamais. Toutes les trois, nous avons de quoi nous faire du chantage pour toujours.

Je rêve d’en refaire en France. Je sais que ça existe sur Paris : je cherche juste à recruter quelques amis suffisamment inconscients pour avoir envie de me regarder (et m’entendre) ululer sur « It’s my life » de Jon Bon Jovi  (It’s my liiiiiiiife… It’s now or neveeeeeeeer… I ain’t gonna live foreveeeeeeeer).

Bon, et pour finir ce paragraphe sur « tradition et modernité », il faut bien aborder le sujet le plus important de tous. Les toilettes. Les commodités. Les WC. Les wawas. Non, ce n’est pas une légende urbaine : les toilettes au Japon, c’est plus qu’une question pratique, c’est un art. C’est la première photo que j’ai faite, en arrivant à l’aéroport de Tokyo : ce panneau couvert de symboles, dans ces toilettes qui avaient plus de fonctions qu’un avion de chasse. Le siège chauffant, le petit jet d’eau d’intensité réglable, la soufflerie… et le faux bruit de chasse d’eau pour couvrir pudiquement tout son inapproprié, mon gadget préféré. Aurore a même un ami qui a visité le Japon, et qui est revenu (en avion et tout) AVEC SON PROPRE WC pour le faire installer chez lui, en Espagne. Disons que nous, du point de vue souvenirs, on a plutôt tapé dans le porte-clés. Mais je peux comprendre.

40 Japon - sabali blog

44 Japon - sabali blog

… Ce que je préfère sur cette photo, c’est le petit cul violet stylisé, trop kawaii !

6/ SOUVENIRS, SOUVENIRS

Les souvenirs, puisqu’on en parle. Mon Dieu, le nombre de colifichets qu’on a pu acheter là-bas – à en faire craquer la valise. Quand je mentionne les porte-clés, ce n’est pas ironique. Je pense qu’Aurore n’aura jamais assez de trousseaux de clés dans TOUTE sa vie pour utiliser tous ceux qu’elle a achetés. Il faut dire que la moindre broutille nous faisait envie. Les baguettes en forme de sabro-laser achetées dans le quartier tokyoïte geek d’Akihabara, les jolies cartes postales en forme d’éventail, les KitKat au matcha, les daruma (petits porte-bonheurs), les petites pochettes en tissu à motif traditionnel, les tori miniatures (portails en bois peints en orange des sanctuaires), les magnets à la con, les chaussettes à orteils…

41 Japon - sabali blog

Photo de chaussettes à orteils, courtesy of Monsieur Ray Ray "Greenshape" Israël - hé ben ouais, fallait pas me demander de te ramener "le truc le plus ridicule" que je pouvais trouver. Challenge accepted.

Photo de chaussettes à orteils, courtesy of Monsieur Ray Ray Greenshape – hé ben ouais, fallait pas me demander de te ramener « le truc le plus ridicule » que je pouvais trouver. Challenge accepted. (:-*)

Le Japon, c’est globalement le pays du gadget, je ne t’apprends rien. Le lieu de perdition par excellence, ce sont les magasins « tout à cent yens », les Daiso. Cent yens, c’est environ 1 euro. Tout à fait incitatif pour te munir d’un gros paquet de trucs inutiles : je suis revenue avec une vingtaine de rouleaux de washi tape, sans trop bien savoir ce que j’allais en faire. Autre monument du génie japonais : les petites chaufferettes collantes. Du bonheur vendu en sachet plastique, ni plus ni moins. Tu déballes le truc, tu le secoues un peu et tu te colles ça quelque part sur la peau (en évitant certaines zones quand même…) : ça chauffe progressivement et très longtemps. Au retour, je me suis parfois endormie avec un de ces machins collés dans le dos, et en fait, mieux vaut éviter : ça chauffe NON-STOP et de plus en plus, tant que c’est au contact de la peau. Un coup à se cramer quelques poils.

J’ai aussi ramené un paquet de coton-tiges en souvenir. Chez nous, cet ustensile du quotidien sert (assez trivialement) à évacuer quelques amas de cérumen. C’est blanc, arrondi, merci, au revoir. Au Japon, pour une raison que j’ignore, tu peux mettre une bonne demi-heure à choisir des coton-tiges tellement la variété est importante. Formes différentes, couleurs… Moi, j’en ai ramené des noirs. Les coton-tiges élégants de l’homme moderne !

... Et en plus ils dégagent une joie de vivre ! J'ose pas m'en servir.

… Et en plus ils dégagent une joie de vivre ! J’ose pas m’en servir.

7/ LES ONSEN

Une expérience des plus inoubliables que ces bains publics japonais. Un dimanche matin, alors qu’il pleuvait, nous avons pris un train pour aller dans la banlieue d’Osaka se faire cuire dans l’eau chaude comme des homards – mais en plus réjouis.

Le onsen est un bain thermal, dont l’eau est censée avoir des vertus thérapeutiques. Traditionnellement, c’est en extérieur. On peut aussi en trouver dans les ryokan, les auberges traditionnelles. Petit détail, les onsen sont généralement interdits aux personnes tatouées : façon détournée d’en interdire l’entrée aux yakuzas. Je ne suis pas une yakuza, mais finis les onsen publics pour moi !

Notre onsen était plutôt une sorte de spa, avec également des saunas et la possibilité de se faire masser. Passé le moment Orange is the new black dans le petit pyjama fourni, ce sont des bains où tout le monde est tout nu (ce n’est pas mixte).

26 Japon - sabali blog

Après trente secondes de gêne (« bonjour Madame, bonne idée cette épilation du maillot en forme de Bob l’Eponge »), on commence par se laver minutieusement, avant d’aller s’immerger dans des bains de température différentes (du très froid au très chaud), statique ou à remous, intérieurs ou extérieurs… Souviens-toi (Barbara), il pleuvait (sur Brest ce jour-là…), et je pense n’avoir connu que peu de moments d’une félicité plus grande que celui où je me suis retrouvée, nue comme un ver dans un bain à 40° en extérieur, avec la pluie qui me tombait sur le visage. Je suis sortie de cet endroit tellement détendue que j’avais l’impression d’être en guimauve. Depuis, je suis prête à me jeter à poil dans n’importe quelle baignoire publique, mais bon, à la piscine municipale de chez moi, ils ne veulent pas.

8/ BAMBI IS ALIVE AND WELL AND LIVING IN NARA

Je pourrais te raconter mille autres anecdotes de ce voyage, qui me laisse une nostalgie dingue, même quatre mois après. Je propose de finir sur le plus kawaii (mignon). Près d’Osaka, nous avons visité la ville de Nara, avec de grands parcs et de très beaux temples, mais qui est surtout connue pour héberger environ un milliard de daims (j’ai compté) qui vivent tranquillement en liberté, dans la rue.

24 Japon - sabali blog

C’est-y-pas adorable ? Ces petits machins gambadent partout gaiement, sans la moindre peur des humains qui les nourrissent à longueur de journées. Ils se laissent approcher, souvent même toucher. Des vendeurs ambulants proposent d’acheter des espèces de galettes de riz soufflé, dont ils sont très friands, et qu’ils viennent te manger dans la main avec enthousiasme. Bon sang, si je m’étais écoutée, j’aurais bien ramené mon Bambi à la maison. Je suis sûre que mes deux chats auraient a-do-ré.

25 Japon - sabali blog

Voilà, c’était merveilleux et il y a un milliard (j’ai compté) de choses que je n’ai pas pu raconter, sinon on était partis pour un livre. J’ai hâte d’y retourner. Et puis, il viendra bien un jour où Aurore voudra renouveler son stock de porte-clés !

D’ici une grosse quinzaine, donc, on reviendra à des sujets plus orthodoxes ici, plus axés tissu, entoilage, biais et boutonnières. Sayonara et à la revoyure !

6 Commentaires

  • Sophie
    29 avril 2016 - 12:26 | Permalien

    Merci pour ce tome deux! toujours un plaisir de te lire!

    • Marjolaine
      11 mai 2016 - 17:37 | Permalien

      Merciiii Sophie ! (la fille qui réagit quarante ans plus tard… honte sur moi…)

  • doudidam
    30 avril 2016 - 13:25 | Permalien

    Super article qui me remémore plein de souvenirs… Les toilettes, c’est trop ça ! Je n’avais pas testé les onsen, pas eu le temps mais ça doit être génial. Moi en souvenir, j’avais ramené les aliments les plus improbables que j’avais trouvés en ayant l’idée de faire une bouffe entre copains au retour. J’avais pris du poulpe séché…Une fois chez moi, quand j’ai ouvert le paquet l’odeur était tellement atroce et prenante que tout mon appart embaumait cette horreur. J’ai du le bazarder à la poubelle extérieure. Mauvaise idée le poulpe…Au plaisir de te lire !

    • Marjolaine
      11 mai 2016 - 17:37 | Permalien

      Haha ! Eh non, tout n’est pas transportable ! Cela dit, du poulpe séché, même sur place je ne suis pas sûre que j’aurais goûté…
      Merci en tout cas !

  • céline
    13 mai 2016 - 20:18 | Permalien

    super article merci pour une non voyageuse

    • Marjolaine
      17 mai 2016 - 14:06 | Permalien

      Merci Céline, ravie si ça t’a dépaysée un peu 😉

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *