Kimono #2019 #semaine23

J’avais prévu de coudre mon pantalon Perséphone définitif : voici donc un kimono.

Dans la mythologie grecque, Perséphone est la reine des enfers. Choix curieux pour nommer un patron, mais parfaitement adapté au regard de la déception qui fut la mienne, lundi soir, quand après une séance de couture intensive mais sereine (bah oui, deux toiles quand même !)… l’essayage de la version en sergé m’a donné envie de me jeter par la fenêtre.

Assemblage = impeccable (braguette nickel, surpiqûres soignées, ajouts de poches plaquées devant…).

Seyant = sac à patates : trop large aux hanches et aux fesses, des plis de partout, un tombé affreux…

Je déteste finir une séance nocturne sur un problème ou un échec, car dans ces cas-là, mon cerveau coud toute la nuit. Je me suis refait le match en mode obsessionnel pendant de longues heures que j’aurais dû occuper à dormir. Un poil envahissante, cette petite passion, par moments.

Le lendemain soir, j’ai tenté un ajustement en reprenant les coutures intérieures de jambes et le milieu dos = échec confirmé. M’est alors apparu que le tissu en lui-même était le problème. Feu mon sergé était certes plus lourd que le synthétique bas de gamme de la toile, mais souple là où l’autre était super raide.

Diagnostic qui venait un peu tard, car entre-temps, décidée à ne pas rester sur un échec, j’avais déjà recommandé 3 mètres de sergé identique pour recommencer. On va dire que la patience n’est pas le plus fort de mes atouts.

Bon, j’en ferai d’autres pantalons, de ces mètres de sergé. Et je ferai un Persephone quoi qu’il arrive. J’ai également commandé deux types de toile pour renouveler l’expérience, trois mètres chacune, comme ça je ferai une toile dans la moitié, et le pantalon définitif dans la seconde. Persephone, le pantalon fait-main qui va me coûter 250 balles.

Donc, voici le kimono de la semaine. Au vu de l’échec confirmé en début de semaine, il fallait que j’ai quelque chose de cousu d’ici le week-end. Plus pour l’ego que pour la nécessité, car la tendance météo est plutôt au combo doudoune-col roulé par chez nous.

Ce kimono, c’est un rescapé de la Pile des Causes Perdues (on en a toutes une). J’avais acheté ce très joli crêpe, sur un coup de cœur, à Mondial Tissus vers juin 2017, coupé les pièces à peu près dans la foulée, cousu les épaules, posé la chose le temps d’aller en vacances… Et à mon retour j’étais enceinte, je devais faire des travaux dans tout l’appartement, déménager (deux fois) et surtout gérer une petite paupiette adorable mais chronophage.

Donc le petit projet de kimono a été aspiré dans un vortex de deux années.

Rien de plus démotivant que de reprendre un projet laissé longtemps de côté : je ne savais même plus quel patron Burda j’avais utilisé. Mais un vêtement déjà coupé, sans difficultés majeures et dans un tissu que j’adore : c’était vraiment ça ou rien, cette semaine. Un peu d’archéologie burdesque plus tard (il s’avère que c’est le modèle #116 du numéro 02/2012), j’ai repris le fil de la couture de ce petit machin fluide sans difficulté particulière.

Car on est sur de la couture en ligne droite. Le patron est accompagné d’un pas-à-pas détaillé, et il n’y a strictement aucun écueil à prévoir, hormis ce crêpe, fluide et bien indocile, qui m’a amenée à proférer quelques disgracieux jurons pour la couture finale du parement d’encolure (qu’en plus j’avais monté à l’envers : quand ça veut pas…).

Il y a deux ans, j’avais amidonné les pièces pour les couper et c’était très efficace. Mais je constate empiriquement que l’amidonnage d’un vêtement ne tient pas deux ans. Je partage cette expérience avec vous dans l’hypothèse où vous voudriez faire un peu de repassage de chemises entre aujourd’hui et 2021.

C’est une taille 36, et il est raccourci de 25cm à l’ourlet, pour le porter davantage en substitut de petite blouse, avec un jean et un top blanc, que façon robe de chambre vaporeuse avec des mules à pompons.

Pas de tentative de Persephone la semaine prochaine… La blessure est encore trop vive. On va se laisser du temps, lui et moi, et passer l’été chacun de notre côté.

Du coup, le projet de la semaine prochaine est une marinière : pile dans la tendance, vu la météo d’été breton qu’on se tape depuis deux mois.

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10 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Tempus fugit

    Quelle réussite ! Il est superbe. C’est une consolation par rapport au temps et aux sous gaspillés pour le pantalon (qui, en effet, porte bien son nom)… Moralité : Burda, y’a qu’ça d’vrai !

  2. 5
    cyqlaf

    Hiiii j ‘adore !!! Le tissu est chouette, la forme est chouette, il te va bien et fait du bien au moral et à l’égo !
    Mais sinon, WTF, l’amidonnage ne tient pas 2 ans ? J’suis trooooop déçuuuuue !!! Va falloir que je finisse mon repassage en 2020 alors 🙂 !!!
    Bonne semaine !!! /* & fuck le pantalon !!! */

  3. 7
    Francoise W.

    Très joli kimono : le genre de récréation qui requinque après un flop. Je retiens l’idée de la petite blouse sur un tee-shirt, c’est relax et raffiné. Je vais te dire un truc : moi aussi les pantalons c’est ma bête noir et en particulier les patrons Burda. Trop petite, peu de taille et très cambrée, je n’ai jamais trouvé mon bonheur dans cette marque, même en les modifiant. Un jour il faudra que je démonte un pantalon qui me va pour le comparer aux patrons de ceux que j’ai loupé et essayer de comprendre où se situe le problème…un jour…peut-être. En attendant je me fait des jupes et des petits hauts, couture récréative et valorisante, en particulier pour mon portefeuille. Bises

    • 8
      Marjolaine

      L’essentiel c’est de trouver son bonheur ! C’est vrai qu’on n’a pas toutes la même silhouette et ça se voit surtout quand on fait des pantalons…

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