Manteau officier

Fini !…

La réalisation de ce manteau a été comme une grossesse (ou l’idée que je m’en fais, en bonne nullipare) : plus la fin se rapproche, plus on a hâte que ça se termine pour rencontrer sa, euh… progéniture. Au moment de coudre les boutons, j’étais à deux doigts de demander une péridurale.

C’est la première fois que je passe autant de temps sur une réalisation : un mois entier à travailler presque tous les jours – j’ai arrêté de compter après la vingtaine d’heures de boulot.

Tout est parti, comme toujours, d’un modèle Burda. Une veste militaire du numéro d’octobre 2012. Ce n’est pas un secret, le style militaire est une source constante d’inspiration pour moi. Je trouve à ses lignes pures et droites une élégance incomparable. Voici la bête originale :

Ceci étant, Burda qualifie cette pièce de « master piece ». Quand on est un peu familier du jargon Bubu, ça se traduit très simplement par : « Bonjour, tu vas en baver ». De quoi refroidir. Mais heureusement, il y a des couturières plus bravaches que moi, qui ne s’en laissent pas compter par le géant allemand de la planche à patrons.

C’est le cas de Lili, qui tient le blog The Banyan Tree (que je vous conseille d’aller voir, car elle est débutante en couture mais le niveau de ses réalisations est tout bonnement complexant). Lili a proposé sur T&N un « sew along » (traduction approximative : « cousons ensemble ») qui m’a convaincue de me jeter à l’eau.

Pour le tissu, j’ai trouvé aux Coupons de St-Pierre le lainage idéal : de la tenue mais assez léger (je ne voulais pas d’un manteau pesant une vache morte), noir, doux au toucher, avec un motif diagonal quasi imperceptible. En plus d’être bon marché (30 € les 3 mètres), il s’est révélé en plus un véritable bonheur à travailler, car ne s’effilochant pas.

J’ai été minutieuse, je ne voulais rien bâcler. J’ai, comme à mon habitude, relevé toutes les pièces du patron selon la méthode du bâti tailleur (pas loin de 8 heures de boulot rien que pour ça !!). Toutes les coutures ont été bâties avant d’être piquées. A la fin, ça fait beaucoup de résidus de fil jaune…

Si sa réalisation a été longue, je ne peux pas vraiment dire qu’elle ait été difficile. Pas (trop) de bugs sur les explications Burda, à me demander ce que veut dire cette suite de mots incohérente. Pas (trop) de foirages intempestifs nécessitant de découdre/recoudre. Quelques conseils avisés de ma maman sur l’importance d’ouvrir les coutures à la pattemouille ont, comme d’hab, été précieux. 

Quelques détails sur la réalisation. Par où commencer ?…

Je voulais clairement insister sur l’aspect militaire, voire officier, du manteau. Je rêvais depuis des années d’un manteau à brandebourgs tressés (chacun ses fantasmes). J’ai commandé plusieurs métrages de galons différents sur plusieurs sites internet avant de trouver le bon, cette torsade argentée que tu vois (partout) sur le manteau.

Mais au moment de le poser, perplexité : quand manipulé, le truc tournicotait sur lui-même, se « détorsadant ». Impossible de le coudre directement (à la main, parce qu’à la machine je savais dès le premier regard que je pouvais oublier). J’ai donc dû me résoudre à passer par une première étape de collage.

Je te laisse m’imaginer, penchée au-dessus de mon manteau déjà bien avancé, dans lequel il y a déjà des dizaines d’heures de boulot, avec le tube de colle ouvert à la main et la sensation que je fais peut-être une énooorme erreur.

Autre questionnement : l’indispensable symétrie des décors. Pour résoudre cela, j’ai créé un pochoir dans du papier, passé la colle dans la partie évidée, et ensuite collé les décors avant de les achever par une couture à la main. D’ailleurs il y a encore, par endroits, des traces de colle que je dois gratter.

Dans le dos, j’ai ajouté une martingale : il faisait un peu « nu », comparativement au devant légèrement, euh, chargé.

Je suis obligée de créditer mon Jules pour m’avoir soufflé cette idée de martingale, parce que si je ne dis pas que ça vient de lui, ça va barder à la maison.

La doublure est un polyester gris argent, presque plus pénible à travailler que tout le reste à cause de sa fluidité infernale :

Les boutons ont été particulièrement longs à trouver. Je voulais des boutons en métal, mais il en fallait quatorze ; et vu le prix de ceux que je trouvais sur internet, il y avait de quoi doubler le prix du manteau. Finalement, au hasard de mes pérégrinations, je suis tombée sur un lot de 24 boutons parfaits au prix émouvant de 9€ le tout.

Le crash test du manteau a été effectué la semaine dernière, à Berlin, et il a été passé haut la main: confort, chaleur, il a tout bon. Je l’aime d’amour. Pendant toute la réalisation, j’ai hésité à le diminuer d’une taille, parce qu’il me paraissait un peu ample. Mais j’ai renoncé, et cette sage décision a pris tout son sens quand je portais deux pulls en dessous.

Par ailleurs, tu as noté que ce voyage à Berlin (génial, au demeurant) a également permis le crash test de mon nouvel appareil photo. Les photos de cet article sont prises devant le Mur (enfin, sa partie arrière : il y a beaucoup trop de monde devant la partie joliment graffée…) et dans les allées du zoo pour certaines.

Mais l’appareil photo de compèt’ ne pourra jamais rien contre la débilité du modèle…

 

26 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Noémie

    Wahou,quel travail, c’est magnifique ! et quelle patience, bravo pour t’être lancée dans cette aventure couturesque et d’avoir si bien réussi ! Je suis sans voix !

    • 2
      Marjolaine

      Merci beaucoup ! 🙂 La couture est souvent une affaire de patience pour moi, une vraie leçon de vie car je suis plutôt très impatiente d’habitude 😉

    • 4
      Marjolaine

      Merci beaucoup Lily 😉 Ca me fait penser que je n’ai pas encore posté le col tricoté dont tu m’avais envoyé les explications, je crois que ça sera mon prochain post !

  2. 5
    lili The Banyan Tree

    Bravo, elle est vraiment géniale!! Le coup des galons collés, je pense que je n’aurais pas eu le courage. Ca me remotive, faut que je finisse la mienne vite! Je me suis battue avec du passepoil, et maintenant il faut que j’achete mes boutons, impossible de trouver quelque chose de raisonnable jusque là…

    • 6
      Marjolaine

      Merci beaucoup Lili ! J’espère que tu en viendras vite à bout mais je n’en doute pas 😉
      J’ai fait un milliard de sites pour trouver les boutons, jusqu’à ce que je tombe sur ceux-ci sur « A Little Mercerie »…
      J’ai vraiment halluciné sur les prix, certains étaient à 2€ pièce parfois !!

    • 12
      Marjolaine

      Merci !!
      Le plus rigolo, c’est qu’en recevant ton commentaire, j’étais sur ton blog en train de me dire que ta robe bleue était vraiment canon !!

  3. 17
    maton beatrice

    waouhhh..que de talents marjolaine!!! je te félicite..connaissant la valeur de ce travail..je trouve ca formidable…tu as vraiment trouvé ta voie!!!! bonne continuation..je t’embrasse bea

  4. 25
    Shan

    waouh! quelle veste ma-gni-fique!!
    de quoi être vraiment fière!
    (j’aime beaucoup ta façon d’écrire avec tes tites blagues lâchées ni vu ni connu 😀 )
    la veste officier est aussi un rêve pour moi, mais je n’ai encore jamais fait de veste, alors la doublure etc outch :S
    m’en vais visiter le reste de ton blog, merci pour ce partage 🙂

    • 26
      Marjolaine

      Merci ! Oui, j’étais vraiment fière de cette veste. Mais comme elle ne me va plus (trop grande, j’ai perdu quelques kilos depuis), je l’ai donnée. Ca ne change rien à la fierté ! J’en referai une, un de ces quatre 😉

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