Séduisante surjeteuse !

J’ai commencé la couture en mai 2010, et il a fallu attendre novembre 2018 pour que j’entre en possession de ma première surjeteuse.

Il s’agit de la Pfaff 1450 vendue par Lidl, que nous avons accueilli avec amour à la maison. Je dis « nous », car même si mon amoureux ne connaît pas la signification du mot « surjeteuse » et s’en fout complètement (« … bouuuuh le nuuuul !!! »), c’est lui qui me l’a offerte (« … hooooo le chooouuuu !!! »).

Il y a déjà quelques temps déjà que j’avais (sur)jeté mon dévolu sur ce modèle de chez Lidl, dont le prix défie toute concurrence pour un modèle correct d’entrée de gamme. Mais il faut être réactif car elles sont généralement vendues très vite. C’est donc avec frénésie que je me suis (sur)jetée sur l’occasion lorsque l’enseigne a ressorti cette offre en novembre dernier. On n’est pas du genre à (sur)jeter l’argent par les fenêtres par ici. Mais manipuler ce petit concentré de technologie allemande, c’est quand même impressionnant. Comment, dans ce cas, se (sur)jeter à l’eau sans risquer l’échec ? Il faut admettre que ça fiche un peu les (sur)jetons.

(… Bon, j’avais prévu de dérouler ce running gag sur tout l’article, mais j’ai réussi à me saouler moi-même en deux paragraphes.)

La solution : l’Allemagne. Deutschland über alles. L’Autre Pays de la Couture, la grande nation qui nous a donné les patrons Burda, les machines à coudre Pfaff, les articles de mercerie Prym, l’entoilage Vlieseline, les cours en ligne Makerist, la bière et les bretzels.

Faut quand même admettre que ça aurait été dommage de passer à côté de ce Burda de 2007.

C’est vers Makerist, donc, que je me suis tournée pour un coup de pouce online. Souvenez-vous, on avait déjà parlé de ce site ici.

Ma stratégie habituelle, quand j’essaie de me familiariser avec une technique, est la suivante : je ne lis pas le mode d’emploi ni ne regarde de tuto car je n’ai pas envie de perdre du temps, du coup je tâtonne, je me plante évidemment, je râle et je perds deux heures avant de me dire que je devrais peut-être lire le mode d’emploi ou regarder des tutos.

Malgré tout l’attrait de cette tactique que le monde entier m’envie, j’ai décidé de procéder autrement pour dompter la surjeteuse, et de m’appuyer sur ce cours que Makerist m’a aimablement permis de tester : « la séduisante surjeteuse ».

Utile précision : je n’ai aucune action chez Makerist et hormis l’accès gratuit au cours, je ne retire pas un bretzel de ce test. Ce n’est donc aucunement de la pub déguisée, et cela me laisse toute latitude pour être parfaitement objective dans mon compte-rendu.

Il y a quoi dans ce cours ?

C’est un cours d’une durée totale de deux heures, fractionné en quatre épisodes (+ une introduction), assuré par Swantje Wendt. Les deux premiers épisodes se concentrent sur la découverte de la machine, l’enfilage des fils, les réglages de tension, la correction de certains problèmes… Et les deux suivants sont organisés chacun autour de la réalisation d’un projet : un débardeur, et un foulard à ourlet roulotté.

Etant libre du choix du patron pour le débardeur, j’ai choisi de partir sur autre chose et de me faire la main sur un Plantain de chez Deer & Doe, un modèle que j’aime beaucoup, que j’ai déjà cousu et qui a le bon goût d’être gratuit.

Quant au foulard à ourlet roulotté, je ne l’ai pas encore testé à ce jour, on va donc laisser de côté cette partie du cours (qui a dit « testeuse en carton » ???).

Quels sont les points forts ?

1/ Déjà, Swantje. Ses explications sont claires, avec une traduction audio en simultané. Je pense que s’il avait fallu lire des sous-titres, j’aurais vite lâché l’affaire et serais retournée à ma méthode brevetée dite du « tâtonnement ».

Pour l’enfilage des fils, ce que je redoutais le plus, son cours m’a permis d’être nettement moins perdue quand je l’ai fait sur ma surjeteuse.

Mais surtout je suis fan (et pour tout dire, un peu jalouse) de sa coupe de cheveux, ce side cut avec longueur chignonnée sur le dessus, qu’elle porte aussi naturellement que si elle était née avec.

2/ On peut choisir ce qu’on regarde dans le cours. Si vous n’avez aucune envie d’apprendre à faire un ourlet roulotté, voici une petite astuce très simple à mettre en pratique à la maison : ne pas regarder la vidéo.

3/ Une fois le cours acquis, on le conserve évidemment, et on peut y revenir quand on veut. Pour ma part, ne disposant jamais de deux heures consécutives à consacrer à la couture (et croyez-moi, ce constat m’emplit d’une tristesse profonde), j’ai commencé par regarder le cours par fragments, et je suis revenue sur les parties qui m’intéressaient quand j’ai allumé la surjeteuse.

Quels sont les inconvénients ?

1/ On ne peut pas reprendre le visionnage là où l’on en est resté quand on arrête temporairement. Et là, je mets -50 points pour Gryffondor. Comme je le disais, j’ai regardé le cours en fragmenté, et il fallait tout le temps que je me souvienne de l’endroit où j’arrêtais.

Une solution que je suggère à Makerist : fractionner le cours en plus petites vidéos de quelques minutes, chacune consacrée uniquement à un point précis. Le visionnage en serait plus ergonomique, et cela ferait comme un petit « lexique vidéo » auquel on pourrait se référer quand on a une question en particulier.

A noter qu’il existe, dans le catalogue de Makerist, un autre cours qui s’appelle « Surjeteuse class – pour démarrer avec sa surjeteuse ». Il a l’air plus détaillé, et davantage organisé selon ce principe, mais je n’ai pas eu l’occasion de le tester…

De même, quitte à me la péter façon « je connais bien les internets », une autre suggestion : si la diffusion du cours avait été compatible avec Chromecast (si tu sais pas, demande à Wikipedia), j’aurais pu le regarder en grand sur la télé du salon, et en faire profiter toute la famille (qui en rêve, naturellement)… Mais là, on est sur du détail de fille qui chipote.

2/ J’aurais bien aimé un coup de main pour les questions de marge de couture et de repères, que Swantje n’évoque pas ou peu, car ma surjeteuse n’est pas équipée de repères (eh oui, c’est peut-être allemand, mais c’est pas cher). Donc impossible de savoir d’entrée de jeu où je dois positionner le tissu quand j’ai une valeur de couture incluse. Il faut, bien sûr, faire des tests sur des chutes car selon le tissu (chaîne & trame ou maille), j’ai constaté le résultat n’est pas tout à fait le même. J’ai perdu pas mal de temps sur ce sujet basique.

3/ Swantje, c’est quand même très difficile à prononcer (souantjeu ? souanetieu ? svanetieu ?) – mais la bonne nouvelle, c’est que vous pouvez écorcher son prénom autant de fois que vous voudrez, elle ne vous répondra pas de toute façon…

Le bilan

On fait le bilan, calmement, en s’remémorant chaque instant (paie ta référence nineties, le temps passe, passe, passe et beaucoup de choses ont changé).

En toute sincérité, c’est un bilan d’étape, incomplet. Le Plantain reste en stand by, car j’ai intégralement foiré le montage de la bande d’encolure à la surjeteuse : la bande a bougé, elle est donc d’une largeur inégale sur l’encolure. Evidemment, quand c’est cousu-coupé : inutile d’essayer de corriger quoi que ce soit (et ça, c’est LE gros point noir de la surjeteuse pour moi). Je dois recouper les pièces concernées par la foirade et recommencer un nouvel assemblage – joie dans mon cœur.

Mais dans la maison que nous occupons actuellement, je n’ai pas d’atelier. Je dois donc tout déballer et remballer à chaque fois, ce qui prend la moitié de mon temps de couture disponible. Après quelques tentatives plus frustrantes qu’autre chose, j’ai fini par ranger tout le matos. Comme on doit déménager en janvier, je ressortirai la Pfaffounette (et la Brotherounette par la même occasion) quand j’aurai une vraie pièce dédiée à cet effet. En attendant, je vais tenter de combler ma frustration créative par du tricot, de la broderie et de mélancoliques errances sur Pinterest.

Mais bon, s’entraîner sert à cela : faire des essais, se planter et recommencer. Prendre son temps et s’améliorer petit à petit. Comme l’a dit un jour une jeune femme pleine de sagesse, tu n’as pas besoin de courir le monde après ton destin comme un cheval sauvage !

… Bref. Si la grande qualité de mon article vous a donné l’envie impérieuse de regarder ce cours vous aussi, ou si au contraire vous l’avez trouvé lamentablement incomplet, Sarah de Makerist m’a laissé pour vous un code de réduction que voici : marjosurjeteuse (wallah j’te JURE que c’est Sarah qui a choisi le code et pas moi !!) valable jusqu’au 6 janvier, et qui vous donne 30% de réduction (le cours coûte 14 € avant réduction).

Si vous récitez le code trois fois devant votre miroir, une nuit de pleine lune, Swantje se matérialisera dans votre salon et fera elle-même les réglages de votre surjeteuse. C’est très pratique mais extrêmement flippant.

Sur ce, ne me reste qu’à vous souhaiter de jolies fêtes de fin d’année, en espérant vous retrouver ici même dès janvier avec du tricot, de la broderie et surtout je l’espère, le nouvel atelier (trépignement d’impatience) !

8 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Val

    J’ai la même surjeteuse !! Achetée le mois dernier également.

    Avant d’essayer de dompter la bête, j’ai potassé le livre de Christelle Beneytout. Je me suis lancée ce week-end avec un sweat (après avoir réussi à l’enfiler correctement, au moins 12 tentatives infructueuses !!).

    J’ai aussi eu un problème avec la bande d’encolure : je ne me suis pas aperçu que le fil avait sauté et j’ai fait tout le tour sans coudre mais en coupant la marge de couture -_-. Du coup, j’ai fait un deuxième passage en passant mon tissu au ras du couteau pour ça ne le coupe pas (ou très peu).

    Lorsque tu places le bord du tissu sur le bord de la plaque et que tu laisses la largeur de couture par défaut à 5, la marge de couture est de 1 cm.

    J’étais déjà intéressée avant de lire ton article par le deuxième cours que tu cites, celui de Louisa de Modesty Couture. Le code réduction est-il valable sur ce cours également ?

    J’ai connu la galère de l’atelier sur la table de la salle à manger (et du bébé en bas âge aussi, deux fois…). Mais janvier n’est pas loin, ouf !

    Bonne couture !!

    • 2
      Marjolaine

      Merci pour ton retour d’expérience ! En effet c’est bien ça, la marge est à 1cm quand on est au bord. Mais si jamais ta marge incluse est de 1,5 cm, comment faire ?… J’avais pensé à mettre un mini bout de scotch comme repère, mais je n’ai pas encore testé car les marges du Plantain sont de 1cm.
      Sinon, je ne pense pas que le code soit valable pour l’autre cours hélas mais tu peux tenter 😉 Sinon Sarah suite à l’article me propose également de tester ce 2ème cours, ce que je ferai peut-être… Et il y aura peut-être un autre code ? On verra en janvier !
      Merci pour ton message en tout cas 🙂

  2. 3
    Lise

    Après beaucoup d’hésitations, et un soir de grande déprime, je me suis consolée en m’offrant une surjeteuse Brother et non je ne regrette rien (je préfère les coutures anglaises ou rabattues quand c’est possible, mais le reste du temps j’adore faire vrombir son petit moteur).
    A l’époque j’avais investi dans le livre de C. Beneytout « Coudre à la surjeteuse et à la recouvreuse », je l’ai trouvé plutôt cher et pas d’une grande aide. Le manuel de ma surjeteuse et l’ami youtube font largement l’affaire !

    • 4
      Marjolaine

      Mouais en effet j’ai entendu parler de ce livre (plutôt en bien) mais même si je suis d’habitude plutôt allergique aux vidéos, là je ne me sentais pas de chercher des réponses dans un bouquin. Mais sinon, oui, il y a sûrement sur ToiTube de quoi s’en sortir largement et pour pas un rond !

  3. 5
    Sophie

    Yeah!!! bienvenue au club! Quelle chance que ton Amoureux se foute complètement de ta surjeteuse!!! le miens l’appelle la sulfateuse, rapport au boucan d’enfer qu’il lui trouve…Alors bon tricot en attendant la nouvelle maison, et après…ça ne sera que Bonheur et Surjets!!! Bonnes fêtes à toi et les tiens!

  4. 7
    cyqlaf

    Je vais sûrement (sur)jeter un pavé dans la mare du bonheur mais moi, j’ai une surjetteuse /* Allemande naturellement */ et je ne l’aime pas. Ma mac est tellement bien que l’autre reste perpétuellement dans son carton, ses coutures « boudin qui gratte » ne peuvent lutter contre les coutures ouvertes et douces que fait la merveille sur tous mes tiches … D’ailleurs, j’hésite à la vendre … Ou à la (sur)jeter !

    • 8
      Marjolaine

      Mouhaha alors déjà je te remercie de te (sur)jeter avec moi dans la mare du calembour foireux. Je comprends ta position et ne la juge aucunement, car je me disais après avoir foiré mon encolure de Plantain, que j’aurais été plus efficace avec ma bonne vieille MAC finalement…

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