Une jupe bleue comme une orange

Jusqu’alors, je n’ai publié que des trucs réalisés avant l’existence du blog. Il m’en reste encore quelques-uns sous le coude, que je vais précieusement stocker dans un coin en attendant l’occasion de les montrer, tel l’écureuil qui économise les noisettes parce qu’il sait que l’hiver sera rude.

Passons donc à des créations plus récentes.

En mai 2012, quand j’ai reçu mon Burda mensuel, je suis tombée raide dingue amoureuse de cette jupe :

Tellement que je voulais tout pareil : le petit chemisier de secrétaire, le téléphone en bakélite, le rideau qui s’envole, être rousse.

Peu de temps après, j’ai trouvé aux « Coupons de Saint-Pierre » un beau coupon de tissu mélangé laine/viscose, très extensible, et surtout d’un bleu cobalt à tomber par terre. Je l’ai pris sans savoir ce que j’allais en faire, puis l’évidence s’est imposée : ma jupe de sténo-dactylo des années 1950, évidemment.

Bon, avant de m’attaquer à la jupe, j’en ai également fait un pantalon (mon premier), je ne le montre pas ici à cause des défauts impardonnables que je lui trouve – ou alors, peut-être  un jour de vraie disette de choses à publier, bref.

Revenons à la jupe convoitée. Début septembre, je m’y colle : un patron constitué d’une seule pièce, ça commençait bien. Je coupe, j’assemble, j’essaie…

Ô déception.

Dans mon enthousiasme, j’avais oublié que je n’ai pas un tour de taille suffisamment fin pour tenir dans deux menottes d’enfant. Contrairement au mannequin qui porte cette jupe, et qui  a mangé une salade vers 2006.

Donc, j’ai rapidement décidé de renoncer à la taille haute. Et puis une fois presque toute cousue, voilà que je la trouve… fade. Terne, tristoune, malgré la couleur qui claque. D’où l’envie d’ajouter un empiècement en simili-cuir noir, en bas, et deux petits noeuds également en simili.

Je te libère de l’insoutenable attente, je balance les photos :

Les photos retouchées jusqu’à l’os ne rendent pas du tout hommage au bleu profond du tissu. D’ailleurs je te propose de participer à la grande opération caritative « Un appareil photo pour Marjo » (je prends les chèques, CB, PayPal, tickets restaurant).

Les noeuds, c’est pour faire joli ET pour cacher un faux pli qui s’est créé parce que j’ai un peu retouché les côtés.

Globalement, mouais. Je trouve qu’elle n’a pas grand’chose à voir (hélas) avec mon fantasme de jupe orange. Les plis, qui sont mon détail préféré, font un effet moins net sur la mienne (je les ai pourtant faits tout pareil, mais dès que je me déplace, eux aussi). Je crois que mon tissu n’était pas assez lourd, finalement.

Le photographe : « Mais tiens-toi droite, bon sang !! »

La bande de simili-cuir noir, à l’ourlet, était une bonne idée pour la rendre plus originale. Mais oublier de faire une fente d’aisance (pour marcher) n’en était pas une. Elle m’entrave carrément. Je l’ai portée ce week-end pour un évènement au boulot (avec les chaussures et tout), et j’ai réalisé au bout de quelques secondes qu’elle m’empêchait de faire des pas de plus de 30 cm d’amplitude. J’ai aussi réalisé, plus tard, que monter élégamment un escalier en la portant était quasiment impossible. Descendre oui, monter non… Dommage que je m’en sois rendue compte alors que j’étais descendue tout en bas de la salle de théâtre où je travaille, et que je devais remonter devant 400 personnes.

Sinon, elle m’a valu pas mal de commentaires admiratifs de mes collègues (toutes des filles), et j’ai appris qu’elle me faisait « un cul d’enfer » (dixit ma chef). Donc ça vaut peut-être le coup que je crée cette fichue fente d’aisance, je ne sais pas… Je devrais pouvoir la porter en version plus détendue avec des bottes… Mais je n’arrive pas à déterminer si je l’aime ou pas. Entre le pantalon foireux et ça, je regrette d’avoir utilisé mon beau coupon bleu cobalt dans deux projets finalement pas convaincants.

Mais j’ai retiré une précieuse leçon de cette désillusion. Burda, c’est comme la Redoute : c’est pas parce que ça va au mannequin, que ça va m’aller à moi.

10 Commentaires

  • 4 octobre 2012 - 08:17 | Permalien

    L’empiècement en simili cuir est une très belle idée, cela la rend un peu rock, je l’adore, elle est superbe

    • Marjolaine
      4 octobre 2012 - 19:17 | Permalien

      Merci ! Tout juste, je cherchais quelque chose qui casse un peu ce côté uniforme… On s’éloigne de la dactylo des années 50 mais tant pis 😉

  • mamounette
    4 octobre 2012 - 18:30 | Permalien

    Elle est très élégante; l’empiècement est original, mais c’est sûrement ça qui empêche l’aisance!
    Bon courage si tu décides de faire un pli …

    • Marjolaine
      4 octobre 2012 - 19:18 | Permalien

      Je pense me contenter d’ouvrir une fente en forme de triangle et la border d’un biais, pour que ça fasse net…

  • 4 octobre 2012 - 22:49 | Permalien

    ah non elle est super classe cette jupe ! et elle te va super bien. Moi je suis fan, fais-toi la fente d’aisance pour être à l’aise, mais sinon elle est super.

    • Marjolaine
      5 octobre 2012 - 19:20 | Permalien

      Merci Laure, c’est gentil, ça me rassure !!

  • 5 octobre 2012 - 18:02 | Permalien

    ah burda….. j’adore la phrase finale!!!!! (joli bleu tout de même!)

    • Marjolaine
      5 octobre 2012 - 19:21 | Permalien

      Eh oui, on croit qu’on va éviter la désillusion parce qu’on fait ses fringues soi-même… et pas du tout ! 😉

  • Betty
    13 mars 2013 - 14:53 | Permalien

    Bonjour…

    Je viens de découvrir ton site et je flashe tout comme toi sur les jupes bleues et orange.
    Puis je me permettre de te demander si tu ne pourrais pas me communiquer le patron ?

    En te remerciant

    Betty

    • Marjolaine
      14 mars 2013 - 14:58 | Permalien

      Bonjour Betty, merci ! Je ne communique pas de patrons. Mais le modèle est récent (Burda mai 2012) et tu dois pouvoir trouver très facilement soit le magazine, soit juste le patron sur burdastyle.com. Bonne recherche !

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